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Une Charger aux 24 heures du Mans !
Par Christophe Schwartz le 11 avril 2005
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Demandez à tout grand pilote quelle courses il amerait gagner dans sa carrière et vous aurez bien souvent la réponse des 24 Heures du Mans. Demandez à un pilote de NASCAR originaire de l'Orgeon, s'il a envie d'y participer et vous pouvez être sur qu'il dira oui! Herschel McGriff Sr. son fils Doug McGriff répondirent à cette invitation en 1976! Après les années fastes des duels Ford-Ferrari, Ferrari-Porsche et Porsche-Matra, les 24 Heures du Mans subirent un creux au milieu des années 70, lié à la crise du pétrole, qui fit revoir à la baisse les budgets compétition des grands constructeurs. L'ACO chercha alors à attirer des compétiteurs plus variés sur le plateau des 55 voitures prenant le départ. Ainsi est invités aux 24 heures du Mans, le podium de chaque catégorie des 24 heures de Daytona.
En catégorie Grand American, variante endurance du NASCAR, ce sont Dick Brooks sur Ford Torino, Lee Dykstra sur Chevrolet Monza et McGriff père et fils sur Chevrolet Nova. Herschel Sr. est déjà en 1976 un vétéran exceptionnel, qui remporta notament la toute première Carrera Panaméricana en 1950, ainsi que plusieurs courses du début du NASCAR en 1953 et 1954. Il raccrocha son casque en 1955 pour s'occuper de sa femme et de ses enfants, et de la scierie familiale, à Boring, Oregon. Le virus de la course le reprit à la fin des années soixante avec plusieurs participations en NASCAR. Il raccrocha ne le casque que définitivement en 2002 à l'age de 72 ans!
La Chevrolet Nova de McGriff Sr. est accidentée par ce dernier lors d’une course de NASCAR WEST, peu après les 24 heures de Daytona. Les McGriff décident alors d’utiliser la Charger du fiston en remplacement de la Nova pour aller au Mans.
Pat McElreap et Dick Pierson, mécaniciens de l'équipe McGriff préparent la Charger, qui est un millésime 1972 pourvu d’un châssis NASCAR tubulaire construit par Ray Nichels, concurrent direct de Petty Engineering. Selon Pat McElreap, la Dodge de Doug était en fait un "lightweight cheater car", qui rafflait pas mal de coupes et primes dans les courses locales du NASCAR WEST. Doug reporta à son volant trois fois la coupe de champion de l'Oregon (1973, 1974 et 1975). Difficile de faire plus local! En aucun cas, elle n'était dimensionnée pour les 24 Heures du Mans, mais Pat et Dick firent de leur mieux pour la préparer en l'équipant notament d'un faisceau électrique, afin de rendre l'éclairage fonctionnant.
OLYMPIA Beer de Portland, Oregon devient sponsor principal et permet à l'équipe de couvrir les frais du voyage vers l'Europe. Precision Engineering de Seattle met à disposition trois V8 426, deux wedge et un HEMI! Pat McElreap convoya la Dodge sur une remorque de Portland jusqu'en Virginie, oû elle prit le bateau pour Le Havre. Selon Doug McGriff, le voyage laissa des souvenirs mémorables. Il me confia avoir été enchanté par l'acceuil chaleureux en France et qu'il profitrent bien sur du voyage pour visiter Paris et monter sur la tour Eiffel. La seule chose à laquelle ils ne purent s'habituer fut le café que nous buvons ici, trop serré à leur gôut. Sur le circuit du Mans, Doug fut surtout impressionné par les buvettes, au dernier virage avant Mulsanne, plantées à moins de 10 m de la piste, desquelles un bon nombre de spectateurs suivaient les essais et la course!
Coté essais, la Charger atteint 215 mph, soit 344 km/h dans les Hunaudières! Pas de quoi dépasser les protos, mais assez pour laisser quelques 911 et BMW sur place! Greenwood et sa Corvette atteindront jusqu'à 240 mph, soit 385 km/h! Hélas, les deux V8 wedge cassent aux entraînements, chaque fois pour cause d'un piston percé au bout de la fameuse ligne droite. Le taux de compression de 13,5:1 habituel aux préparation de course sur ovales n’étant pas adapté à la qualité d’essence du Mans, qui culmine à 89 d'indice d'octane, contre 115 en NASCAR. Les McGriff sont toutefois qualifiés et montent leur dernier moteur, le V8 426 HEMI, pour la course. Herschel Sr. fait cinq tours en avant que le HEMI ne perce un piston, ce qui força l'abondon.
Malgré ce nombre de tours limités, les McGriff ont adoré Le Mans. Lors des interviews avec Doug et Dick, le projet de revenir dans la Sarthe avec la Charger lors d'une prochaine édition du Le Mans Classic, a pris forme. Tous deux sont emballés à l'idée de pouvoir revenir sur ce lieu mythique et de mettre à nouveau "pied dedans" au volant de ce mastodonte, qui fit déjà peur aux 911 en 1976!
Photo http://perso.wanadoo.fr/buckhorn.wash/cars/indcar.htm Courtoisie elji
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